Jeudis vagues
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Frêle frilosité des matins frais
Le vent sifflait, mon coeur hurlait
Elle avait dit midi, café Lully
J'allais lui dire mes strophes, mes interdits,
Ma prose livide, mon chant du cygne
Je veux qu'elle pleure et reste digne
Je veux qu'elle saigne à en crever
Ô douce moitié, tendre beauté
Vous êtes rêvée, aimée, baisée !
Je dis vagues qui emportent nos espoirs dans ses bras,
Je prends l'eau qui vous lie et purifie ma maudite vie
Je vogue à l'âme, l'âme du fond, l'âme ciselée
Jeudis vagues
Midi sonnait, je l'attendais rue Mirabeau
La Seine coulait drôlement dans mon verre d'eau
Puis elle couru au coin de ma vue
Emergea naïve d'une foule vaincue
A mon oeil elle était vive douceur,
Malheur, rancoeur, je vois et meurs
Assise elle vise ma folle passion,
Prudent je mise sur l'oraison
Ma chair funèbre je rends la glaise
Et vous enterre, ne vous déplaise !
Jeudi vague des chimères quotidiennes, mon opéra
Je me compose et vous dépose ma gerbe de mélancolie
Je chante les fleurs du poète méprisé
Jeudis vagues
Et je vous hais ma destinée,
Et je vous aime vous reflet !
© Julien Saurel